Eh oui, il y a un peu plus d’un an maintenant je quittais mon poste en agence pour me lancer en cavalier seul. Plusieurs motivations m’y ont conduites. Je voulais déjà gérer mon temps comme je le voulais, pour faire de la veille, monter en compétence sur quelques techniques, et consacrer du temps à des projets personnels. Ensuite, être au plus proche du client et de ses utilisateurs, pour proposer des solutions adaptées, sans forcément être contraint par le temps.

J’ai donc démissionné de mon dernier poste et me suis inscrit comme autoentrepreneur, au moment où tout le monde remettait ce statut en question. Mais c’était l’idéal pour me lancer: des charges basées sur le CA, facilités fiscales (impôt sur le revenu, etc.)… Que demander de plus ? Parce que même si j’avais quelques contacts et quelques missions prévues, je ne pouvais pas penser m’encombrer directement avec un statut lourd et contraignant financièrement type EI. C’était bien trop de risques pour moi, et après m’être renseigné auprès des CCI, Pôle Emploi, et tous les services publics concernés, on se rend vite compte qu’on ne peut compter que sur soi-même question informations.

Après 2-3 mois au ralenti, la machine s’est lancée, grâce à des clients et collaborateurs qui m’ont fait confiance. Petit à petit, j’ai dû remettre ma façon de travailler en cause : quels outils pour gérer mon temps ? quels outils pour gérer mes projets (gestion de projet, dev) ? J’ai aussi dû aussi faire face à mes limites de production : quelle quantité de travail je peux assurer ? sur quelle période ? et donc accepter / refuser des projets en conséquence. Avec tout ça, le fait de ne pas avoir de sécurité sur mes revenus et mes projets entraîne un stress non-négligeable, mais je le supporte plutôt bien et même, j’en ai besoin.

Au cours de cette année j’ai également pu expérimenter l’enseignement via quelques interventions pour le master Web éditorial, le master esDoc et le master IME de l’Université de Poitiers, ainsi qu’une conférence pour le Campus Européen d’Eté de l’Université de Poitiers. Ces expériences sont très intéressantes pour moi : elles permettent de ne pas se reposer sur ses acquis et permettent de remettre en question ses connaissances, surtout sur un domaine aussi changeant que le web actuel. Et puis, ça me permet aussi de m’éloigner un peu de mon ordinateur et parler de ce que je fais, c’est pas négligeable.

Au final, les choses se sont bien passées, j’envisage à changer de statut pour quelque chose de plus stable et évolutif  à la fin de l’année, si les choses continuent comme elles ont commencées. A la question : est-ce que je retournerai en agence avec un contrat béton et tous les avantages qui y sont liés ? Non. En tout cas, pas pour l’instant.